La fière allure du Flamenco

Toulouse Mag février 2003/ Dossier : où apprendre à danser à Toulouse Pour les cours de flamenco, il faut descendre à la cave. Une superbe cave de briques et galets (...). Au mur des affiches annoncent des spectacles et des concerts. Là des jeunes filles et jeunes femmes s’exercent à l’art compliqué du flamenco. (...) Quelques mois à peine d’entraînement derrière elles, et ces jeunes filles ont déjà l’allure de vraies danseuses de flamenco. La Tomillo, toute de rouge et orange vêtu, claque dans ses mains et immédiatement les silhouettes se redressent, le regard devient fier et le talon rageur ; les bras s’arrondissent ; l es mains se font oiseaux : c’est la métamorphose. Au début, le cours se déroule sans musique, on n’entend que le claquement des mains et des talons, accompagné des interjections du professeur, en français ou en espagnol selon l’humeur. Puis, Ramon, qui accompagne La Tomillo dans ses spectacles, descend avec sa guitare, le rythme s’accélère, la chorégraphie crée par le professeur se complique, mais les élèves suivent, toutes ou presque. Les deux dernières, des étudiantes en CAPES d’espagnol arrivées en janvier ont encore du mal, mais déjà elles trouvent le rythme et le mouvement des poignets. « N’abandonnez pas à son triste sort le bras qui est en haut », commente La Tomillo en riant. Les jeunes femmes sont concentrées, mais tout se passe dans la bonne humeur. « Muy bien, superbo », La Tomillo apprécie les efforts de ses élèves. Elle les encourage, montre quelques mouvements de jupe qui dévoilent des jambes musclées. Le cours s’achève avec des élèves détendues ; elles quittent jupe volantée et chaussures pour retrouver baskets, manteaux et bonnets. Les fières danseuses qu’ont aurait presque pris pour des Espagnoles redeviennent des Toulousaines anonymes et s’en vont dans la rue. Joëlle Porcher