El Duende...


-  Le PJ : Que représente pour vous le Flamenco ?
-  La Tomillo et Ramon Llamas : Le chant d’une terre : L’Andalousie. C’est le mode d’expression d’une vraie passion et aussi un moyen de communication avec les gens qui est merveilleux. C’est également, bien sûr, un art à la fois très sophistiqué et très populaire, qui a ses "aficionados", c’est-à-dire ses connaisseurs, dans toutes les couches de la société.

-  Le PJ : N’y a-t-il pas contradiction entre sophistication et "art populaire" ?
-  La Tomillo : Non ! Pas du tout ! La sophistication vient de la rigueur du travail que doit s’imposer l’artiste pour apprendre cet art puis l’interpréter en le recréant selon sa manière personnelle. C’est complexe il s’agit d’un art très riche. Et c’est populaire en ce sens où les gens ressentent toute les émotions que l’on peut y mettre, sans pour autant connaître cette complexité initiale.

-  Le PJ : Le flamenco obéit à des règles. Qui les a édictées ?
-  La Tomillo : Ce sont des règles populaires. Au fil du temps, chaque artiste y a mis sa petite sauce, sa personnalité. Ce sont des règles nées de l’improvisation d’où l’on a gardé le meilleur. Il en est de même pour la musique.

-  Le PJ : Mais d’où est née cette danse qui pour nous semble innée ?
-  Ramon Llamas : c’est toute l’histoire de l’Andalousie... Un pays qui a été traversé par différents peuples : Juifs, Arabes... Mais c’est ce coin de terre particulier qui a fait naître le Flamenco.

-  Le PJ : Le flamenco, c’est un état d’esprit ?
-  La Tomillo : C’est bien plus que cela ! C’est une âme ! C’est l’expression des profondeurs d’un être qui communique avec les profondeurs d’autres personnes... C’est une vibration.

-  Le PJ : le fameux "duende", comment pourrait-on le traduire en français ?
-  La Tomillo : Oh ! En français ... C’est difficile ! C’est la douleur, c’est la joie de l’âme, sa poésie... c’est la grâce des choses... C’est donner ce que l’on a à l’intérieur, en étant vraiment soi-même... C’est le charme, la beauté, l’envoûtement.

Propos recueillis par Liza Avinenc


Le Petit Journal - édition Tarn et Garonne 10 janvier 2001


Color Flamenco