LE GUITARISTE RAMON LLAMAS EN GUEST STAR -*La Dépêche 17 août 2008

C’est ce mercredi soir, que la commune, qui a désormais fait le deuil de son festival cajun "Castel’in louisianne", se drapera cette année aux couleurs ibériques de l’Andalousie. Et pour ce faire , les responsables de l’espace sarrazin n’ont pas choisi n’importe qui avec la formation La Tomillo et en particulier son guitariste Ramon Llamas. Cet artiste qui a baigné dès sa plus tendre enfance dans cet univers musical, son père est en effet l’un des plus célèbres luthiers d’Espagne, ne pouvait, semble-t-il, pas faire autrement que vivre et respirer le flamenco. C’est ce qu’il nous confie dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder à quelques jours de ce concert offert aux Castelsarrasinois.
-   Quand on lit votre biographie, on a l’impression que votre destin était joué d’avance ?
-  C’est vrai qu’aussi longtemps que je remonte dans ma famille, il y a toujours eu des artistes flamenco tel mon oncle Eladio Fernandez qui a écumé après la guerre les principaux cabarets de Paris, ou des artisans qui ont oeuvré pour cet art.
-  Vous parlez de votre père Gerundino Fernandez qui était le luthier de Paco de Lucia, Tomatito ou Paco Peňa...
-  En effet, c’était, lui aussi à sa façon, un grand artiste dont la renommée était internationale ce qui lui a valu le grand prix de l’Unesco !
-  Quelle est l’influence de votre père dans votre vie d’artiste ?
-  Ce sont véritablement mes racines. Imaginez que dès mon plus jeune âge, les plus grands guitaristes venaient choisir et essayer leur instrument dans l’atelier de mon père. Cela a de quoi créer une vocation.
-  Justement, comment avez-vous appris la guitare et le flamenco ?
-  Dans l’Andalousie de cette époque-là, on ne prenait pas vraiment de cours. Dans chaque quartier, les jeunes se retrouvaient dans la rue pour jouer. Chacun montrait ce qu’il avait appris d’un autre...
-  Vous êtes donc un autodidacte ?
-  Je dirais plutôt que le flamenco coulait dans mes veines dès ma naissance. Toutefois, il ne faut pas rêver, un guitariste, même le plus doué, sans travail ne perce pas. C’est comme un torero doué qui ne ferait pas l’effort de répéter ses passes, il échouera.
-  Mercredi, vous serez sur la scène avec votre épouse qui dansera avec deux autres artistes. Le flamenco, c’est donc une affaire de famille ?
-  Absolument. Même si dans notre formation La Tomillo( le thym en espagnol ), nous ne sommes pas tous de la même famille, le flamenco c’est une affaire de contact au sens le plus fraternel du terme. Sans cela, on ne peut faire un bon groupe.
-  A castelsarrasin, vous jouerez un spectacle intitulé "Color Flamenco". Pouvez-vous nous en dire plus ?
-  C’est difficile de parler du flamenco. C’est un art qui se vit, je ne puis donc qu’encourager tout le monde à venir se rendre compte de quoi il s’agit. Je pense qu’ils ne devraient pas être déçus d’assister à ce saut en plein coeur de l’Andalousie.
-  Propos recueillis par Max Lagarrigue