"Al Aire Libre" : quand le flamenco nous ramène aux origines

Comment exprimer de la manière la plus juste l’état de grâce dans lequel nous entrons dès les premières notes de guitare ? La magie opère, portée par la poésie qui se dégage immédiatement des paysages d’Andalousie que nous découvrons, projetés sur grand écran. L’ imaginaire de Cervantès réveille nos sens. La pureté de la musique éclate, dans un silence respectueux.

Soudain, les élégantes silhouettes des danseuses apparaissent au détour d’un accord vibrant ; fortes, ferventes, superbes. Les cordes glissent dans les mains de Ramon Llamas. Les chevilles puis les jambes se dévoilent, les jupons s’élèvent, les bras se tendent et s’ouvrent vers l’avant ; comme une invitation au partage, au plongeon dans l’ancestral et les racines. Nous sommes envoûtés, emportés dans un tourbillon pour au final ne former qu’une seule entité, un seul clan. Quelle formidable leçon d’humanité nous donne alors La Tomillo. Portée par un flamenco généreux et authentique, elle nous ramène à l’essentiel : notre manière d’être, profonde, digne, ainsi qu’à ce que nous avons de plus cher... notre liberté.

Il est absolument impossible de sortir de ce spectacle indemne ! Sous un tonnerre d’applaudissements nous nous levons, encore ébahis par l’originalité et la subtilité de ce que cette troupe de talent vient de nous donner à voir. Nous nous sentons grandis, renforcés, comme neufs ; conscients de l’importance de la transmission, fiers d’appartenir à cette magnifique famille toujours grandissante dont La Tomillo fait croître encore et toujours les membres. Elle nous entraîne indubitablement dans son sillon, telle Esmeralda la gitane. Elle agit comme un filtre d’amour, nous laissant pantois, admiratifs et pour toujours transformés.

Une soirée véritablement jubilatoire, un moment inoubliable, un souvenir unique... Celui du spectacle de la vie se déroulant sous nos yeux, à grands coups de jupes, de tacones et de palmas. A ne manquer sous aucun prétexte !

Isabelle Ramos